vendredi, 15 novembre 2013

Première plongée en costume étanche

Depuis une dizaine d’année, l’utilisation de costume étanche en plongée loisir s’est démocratisée. De nombreux plongeurs, peut importe le brevet ou le niveau d’expérience, utilisent ce type de vêtement en hiver mais aussi en été. La température de l’eau de nos carrières autorise l’utilisation de l’étanche toute l’année.

Les nouveaux modèles de costume en néoprène 4mm compressé sont des vêtements très souples et agréables à porter. Leur utilisation en est facilitée, notamment par le fait que les coupes sont plus près du corps et que leur épaisseur est moindre. Il n’est plus nécessaire d’emporter 10 ou 12 kilos de plomb. Avec une souris de 100 grammes, ce type de costume peut être utilisé avec 5 à 6 kilo de plomb. Pour ma part, j’ai une ceinture de 4 kilo et 500 grammes à chaque pied.

Néanmoins, la plongée avec ce type de vêtement nécessite une bonne prise en main. La LIFRAS a mis en place un brevet de plongée en costume étanche. Le brevet n’est pas obligatoire pour plonger avec ce type de costume mais il le devient dans deux cas. Pour le plongeur qui veut réaliser des épreuves pour l’obtention du niveau de plongée supérieur et pour les moniteurs qui surveillent des exercices alors qu’ils portent un costume étanche ou que le candidat en porte un.

Samedi passé, j’ai eu le plaisir d’accompagner un membre de mon club pour sa première plongée au sec. Un briefing adapté au niveau du plongeur combiné à une série de points spécifiques va permettre de se mettre à l’eau dans les meilleures conditions possibles.

Je reprends ci-dessous le protocole des exercices prévus pour l’obtention du brevet costume étanche.

J’y ajoute un petit élément. Les déplacements dans l’eau en costume étanche sont moins rapides qu’en humide. En effet, l’ajout d’air dans le costume augmente le volume. Le plongeur est donc moins hydrodynamique. Il est donc important d’aborder ce point lors du briefing. Si le plongeur essaie de palmer pour se déplacer aussi vite qu’en humide, il risque de s’essouffler. En étanche, on se balade plus cool. Il est aussi important d’avoir un lestage correct pour éviter de devoir mettre trop d’air pour corriger la flottabilité et ainsi encore réduire l’hydrodynamisme.

Si vous passer en étanche pour la première fois, entourez-vous d’un plongeur confirmé ou d’un moniteur qui sera à même de vous expliquer les rudiments de ce type de plongée.

Et pour le reste, dans une eau à 4° en février, le costume étanche, ce n’est que du bonheur. Bonne plongée.

Exercice 1 : Plongée baptême:
Le moniteur procède aux contrôles suivants :

  • vérification du matériel. (cf. texte qualification «vêtement étanche»)
  • l’accessibilité des différents éléments du vêtement,
  • détermination du lestage,
  • contrôle des manchons,
  • contrôle de la collerette,
  • raccordement et contrôle du fonctionnement de l’insufflateur,
  • réglage et vérification du fonctionnement des purges manuelles à l’ouverture et à la fermeture tant en automatique (dévissées) qu’en manuel avec pression du doigt sur la valve.

Remarques importantes :

Le port d’un système de stabilisation et de sauvetage est obligatoire quel que soit le type de vêtement utilisé et la fonction du plongeur au sein de la palanquée.

Le briefing attire principalement l’attention sur :

  • les risques potentiels liés à l’utilisation de ce matériel.
  • la vérification de l’accès et du fonctionnement de la purge et de l’insufflateur du vêtement,
  • la bonne position de la collerette,
  • la nécessité de fermer la purge et de gonfler légèrement le vêtement pour éviter lors de la mise à l’eau que l’air ne s’en échappe et ne modifie l’étanchéité.

A la descente :

L’immersion se fait en pied lourd : position verticale tête en haut. Au cours de la descente, le moniteur veille à maintenir une flottabilité quasi-nulle soit en utilisant le système de stabilisation et/ou le vêtement étanche.

Sur le fond :

Contrôle de la stabilité du candidat. Le candidat ouvre la purge d’un quart de tour. Au signal du moniteur, le candidat effectue un cumulet. L’objectif est de permettre au candidat d’appréhender le déplacement de l’air dans le vêtement étanche. Le moniteur reste en permanence à proximité du plongeur afin de pouvoir intervenir en cas de remontée incontrôlée.

La remontée :

Le moniteur veille à ce que la remontée soit contrôlée et ne dépasse pas la vitesse de remontée du moyen de décompression primaire utilisé. Au besoin, il agit sur le système de stabilisation et/ou le vêtement étanche. La remontée se termine par un palier de sécurité de 5 minutes à 5 m.

Exercice 2 : Assistance à un plongeur en difficulté.

La palanquée se compose de trois plongeurs : le moniteur, le candidat et le plongeur en difficulté (plongeur 3* au minimum). Ils descendent ensemble à 20 m. Victime et candidat peuvent être équilibrés à 20m.

Au signal du moniteur, le candidat :

  • se positionne face à la victime et assure une prise ferme par le matériel. Le candidat doit démontrer son aptitude à calmer la victime et à la rassurer en lui donnant des consignes claires.
  • gonfle le ou les systèmes de stabilisation à l’aide de l’insufflateur et entame la remontée assistée. Pendant celle-ci, le candidat a l’autorisation de palmer.
  • remonte à vitesse contrôlée.
  • s’arrête et se stabilise à 10 m.
  • - une fois l’épreuve terminée, veille, avant de lâcher la victime, à ce que les systèmes de stabilisation soient vides ou équilibrés. Ensuite, chaque plongeur s’équilibre à sa convenance.
  • au besoin, ils attendent à cette profondeur l’expiration du temps qu’ils auraient dû mettre pour atteindre ce niveau s’ils étaient remonté à 10 m/min. L’épreuve s’arrête au signe du moniteur.

Après l’épreuve, la plongée ne peut dépasser 15m.

Les critères de réussite sont :

  • pas de redescente.
  • respect d’une vitesse proche de celle préconisée par le moyen de décompression primaire.
  • verticalité de la remontée.
  • arrêt à 10 m. Tolérance de plus ou moins 2 m.

 Exercice 3 : Plongée de qualification:

Le but de cette plongée est de contrôler les compétences acquises lors des plongées précédentes.

Elle porte sur les points suivants :

  • contrôle complet lors de l’équipement et du déséquipement.
  • contrôle de la stabilisation et vérification de l’adaptation du lestage.
  • contrôle du palmage.

Remontée d’urgence de 20 m.

  • Il est nécessaire de réaliser cette remontée à proximité d’une paroi, d’un bout (fixé au fond) ou de toute autre structure permettant au candidat de faciliter l’arrêt de l’épreuve.
  • Le candidat est équilibré sur un fond de 20m. Au signal du moniteur, le candidat gonfle son vêtement étanche de manière à entamer la remontée sans palmer.
  • Lorsque la vitesse de remontée affichée à l’instrument de mesure atteint 150%, le candidat purge de manière à s’arrêter avant la profondeur de 10 m.
  • Le moniteur reste en permanence à proximité du plongeur afin de pouvoir intervenir en cas de remontée incontrôlée.
  • Au besoin, ils attendent à la profondeur d’arrêt l’expiration du temps qu’ils auraient dû mettre pour atteindre ce niveau s’ils étaient remonté à 10 m/min.
  • L’épreuve s’arrête au signe du moniteur.
  • La plongée se terminera obligatoirement par un palier de sécurité de 5 minutes à 5 mètres.

Après l’épreuve, la plongée ne peut dépasser 15m. Successive interdite.

Les critères de réussite sont :

  • arrêt avant la profondeur de 10 m !
  • verticalité de la remontée

13:53 Écrit par Philippe MN284 LIFRAS | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonsoir Philippe,

Merci pour cette première plongée en volume, et pour l'article écrit à ce sujet.
Toujours bon d'avoir un rappel écrit des procédures d'utilisation d'un nouveau matériel.

Dany

Écrit par : André Dany | samedi, 14 décembre 2013

Les commentaires sont fermés.