dimanche, 29 mai 2016

Arenzano - Epave du Haven

160524-VKA_3405b.jpgJe me laisse couler le long du bout. 10 mètres, 15 mètres, 20 mètres, enfin elle apparaît. La visibilité n’est pas excellente mais je la vois, juste en dessous. J’arrive sur le toit du château à 32 mètres sur tribord. Je traverse le pont en passant devant la plaque commémorative et je plonge le long du château sur le coin avant babord. 160523-VKA_iPhone2L.jpg

J’arrive rapidement sur le pont principal du pétrolier, l’ordinateur indique 51 mètres. Pas de courant, beaucoup de poissons autour de moi. Je ne sais pas où regarder tant l’épave est immense. La visibilité est meilleure qu’à 32 mètres. Je repars vers tribord. A ma gauche, le pont s’étire vers l’infini. Une ouverture dans la cale me laisse entrevoir les entrailles du monstre mais je n’y entre pas. A ma droite, le château se dresse tel un building de 10 étages. Magnifique, féérique ! Je poursuis mon parcours sur tribord en direction de la poupe. Le fait un premier tour de la cheminée qui se dresse sur l’arrière du château. Il est déjà temps de penser à remonter car le TTS de mon ordinateur dépasse déjà 20 minutes. Je remonte par les ponts successifs qui sont en terrasse sur l’arrière du château et je retrouve mon bout sur tribord qui me permet de rejoindre la surface. 1’ à 9m, 5 à 6m et 22’ à 3m, ça va être long. Mais quelle plongée !!!! 160524-VKA_0676eL.jpg

L’après-midi, la plongée n’est pas possible car la mer s’est levée et l’épave n’est pas à l’abri. Le lendemain matin, Eole est avec nous et nous reprenons la mer. Pour la seconde plongée, je descends sur babord et je passe à hauteur de l’ouverture faite par l’explosion qui va emporter ce titan vers les profondeurs. 62 mètres, ca va encore être long aux paliers. Je vais ensuite jusqu’à la poupe, je dépasse le pont et je m’écarte un peu en espérant voir le safran. Mais la visibilité n’est pas suffisante pour le voir depuis ma position. Je suis tenté de descendre de quelques mètres mais un rapide coup d’œil sur mon ordinateur et son TTS me décident à commencer la remontée. 160524-VKA_0435fL.jpg

La troisième plongée se fera autour du château jusque 45 mètres. Je rencontre trois mérous un dans la cheminée à 32 mètres et deux cachés sur un pont dans les 40 mètres. Comme je suis moins profond, je peux trainer un peu plus mais avec les 62 mètres du matin, il est vite l’heure de rejoindre la surface.

Ce pétrolier a coulé en 1991 au large de Gènes avec des cales remplies de brut, produisant une immense catastrophe écologique. 25 ans plus tard, il y a du poisson partout, même des mérous, j’ai trouvé un spirographe sur le pont à 32 mètres, l’épave se recouvre de vie, un vrai miracle. Comme le Haven est un peu exposé au courant, il devrait devenir au fil du temps encore plus riche en vie.160524-VKA_0569aL.jpg

Cette épave mythique mérite sa réputation, immense, grandiose, ensorcelante. Le point le plus haut est à 32 mètres, le point bas à 85 mètres, elle demande une bonne métrise de la plongée à décompression mais quel plaisir………

Merci à Dany, Phil, Rocco, Vincent et Alain qui m’ont accompagné pour ce petit séjour à Arenzano.

Nous avons plongé avec le centre Haven Diving situé sur le port d’Arenzano. De vrais professionnels. Pippo, le patron du centre a plus de 3000 plongées sur le Haven, il vous y accompagnera si vous n’avez pas un guide de palanquée comme défini par la réglementation génoise pour plonger sur le site. 160524-DSCN0155s2L.jpg

Pour cette sortie, nous avons plongé à l’air avec des décompressions à l’oxygène pur ou au Nitrox 80%. Le centre est parfaitement équipé pour gonfler air et Nitrox, avec un booster pour l’oxygène qui permet de gonfler les décos à 210 bars.

Haven Diving est situé sur le port, le bateau est à 15 mètres du local, celui-ci est équipé de wc, douche, rangement pour le matériel. Je ne peux que vous le conseiller.

Merci à Vincent Kalut, notre photographe professionnel pour les magnifiques photographies. Pour en voir plus: https://www.instagram.com/vkalut/

Ce qui est déjà sur, j’y retournerai.           www.havendiving.com

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11:11 Écrit par Philippe MN284 LIFRAS | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

mardi, 03 mai 2016

La Calypso va se refaire une beauté en Turquie

OCÉANS: Le bateau du commandant Cousteau a 74 ans

Vingt ans après son naufrage et un tas de péripéties judiciaires, la Calypso va être remise en état. Embarqué à bord d’un cargo, le mythique navire de Cousteau fait route vers un chantier naval turc.

Quelle épopée ! La Calypso, le navire océanographique qui a sillonné les océans durant 40 ans avec le commandant Cousteau, a repris la mer. Pas en chevauchant les flots, non. Du moins pas encore. Mais en reposant son squelette chétif emmitouflé dans une bâche bleue au fond de la cale de l’Abis Dusavik, un cargo long de 115 m. Partie du port breton de Concarneau ce mardi, elle arrivera à Istanbul d’ici quelques jours. C’est sous le soleil de Turquie, dans un chantier naval où « on peut encore trouver la technologie traditionnelle des constructions navales en bois », selon l’Equipe Cousteau, que la vieille dame de 74 ans devrait retrouver ses atours de jeunesse. Pour ce lifting intégral, deux années seront nécessaires. Son coût ? Près de 10 millions d’euros tout droit sortis du portefeuille de plusieurs mécènes. C’est que le travail de restauration sera rude. Du bateau mythique, il ne reste que des lambeaux et une triste carcasse de bois. Depuis 2009, sa proue désossée longue de 40 mètres pointait au dehors du hangar no8 du chantier naval Piriou à Concarneau. Exposée à la fureur des vents, maigrelette, pourrie, vidée de sa timonerie et pillée par des vandales, la structure ne fait plus qu’un quart du poids du célèbre navire qui a permis à petits et grands de découvrir le monde du silence. Kalipso-1.jpg

Quelque 110 tonnes, voilà ce qu’il reste de la fidèle monture de Jacques-Yves Cousteau. Si son âme a été laissée ainsi à l’agonie, c’est par un mauvais feuilleton rocambolesque. Tout débute en 1996, un an avant sa mort. La Calypso est alors à quai à Singapour lorsqu’elle est éperonnée accidentellement par une barge. Elle reste au fond de l’eau durant 17 jours avant d’être renflouée. Convoyée jusqu’aux eaux territoriales françaises, elle passe un certain temps à flot dans le port de Marseille puis, en juin 1998, est remorquée jusqu’à La Rochelle où elle va croupir durant plusieurs années. Un an plus tôt, le 25 juin 1997, le commandant Cousteau décède. Une bataille féroce s’engage alors pour s’approprier son héritage. La famille Cousteau s’entre-déchire. Francine Cousteau, ancienne hôtesse de l’air et seconde épouse du commandant, est une habituée des prétoires. Elle rafle la mise, c’est-à-dire « la licence exclusive mondiale et perpétuelle portant sur le nom Cousteau, ses marques, sa signature et son oeuvre », laissant Jean-Michel Cousteau, le fils aîné du commandant, sur le carreau. C’est ainsi qu’il faut attendre jusqu’au 15 octobre 2007 pour que la Calypso soit remorquée de La Rochelle à Concarneau. Elle y fait une entrée triomphale, saluée par des centaines d’admirateurs au bonnet rouge. La passion gagne le chantier naval Piriou. La restauration de la nymphe des mers y démarre sur les chapeaux de roue. La première phase consiste à retirer la superstructure du bateau afin de renforcer sa structure interne. C’est cette charpente qui demeure à l’air libre aujourd’hui. En effet, début 2009, patatras !

La remise en état cesse en raison d’un différend avec l’Equipe Cousteau sur la nature et le montant des travaux. Après des années de procédure judiciaire, cette dernière se voit contrainte en 2015 de libérer le chantier naval de la Calypso. C’est ainsi que la nymphe des mers fait actuellement route pour un chantier naval turc. Les espoirs sont permis que la Calypso y soit bel et bien remise à neuf. Mais au vu du passif de l’affaire, des péripéties judiciaires futures n’étonneraient guère.

Extrait du journal « Le soir » Mars 2016

 

13:02 Écrit par Philippe MN284 LIFRAS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |